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margeGcentre Polo au Nigeria. Contrastes et engouement.
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Ils sont plusieurs pays, en Afrique, à disposer d’une tradition poloistique : l’Afrique du sud, l’Egypte, le Ghana… Pays de polo, le Nigeria l’est également, depuis plus d’un siècle. Le polo nigérian compte le plus grand nombre de joueurs sur le continent. Il a connu ses heures de gloire, ses moments d’absence et depuis peu un nouvel essor. Portrait d’un polo fait de contrastes.
 
Le polo en Afrique, voir également :
         
Ghana : les très belles photos en noir et blanc  d’Olivier Asselin (photographe canadien basé à Dakar), prises au Polo Club d’Accra.  Cliquer ici            Le retour du polo en Ethiopie : à Addis Abeba, sur un terrain de fortune, le polo éthiopien tente de recouvrer son lustre d'antan. Ci-dessous.

 
Le polo est le plus ancien sport d’équipe au Nigeria. Il compte près de 350 joueurs actifs et le meilleur d’entre eux atteint le handicap +5. Environ 50% de ces joueurs ont un handicap égal ou supérieur à +1, pourcentage qui a évolué ces dernières années en raison de l’arrivée d’un grand nombre de débutants.
 
Ces chiffres témoignent d’un véritable engouement de la société nigériane pour un sport en vogue. Les matchs de polo sont très fréquentés et suivis avec passion. Le temps d’une compétition, les politiciens, les banquiers, les présidents de sociétés pétrolières et les classes populaires se retrouvent au bord des terrains. Le polo est, certes, considéré comme très élitiste dans un pays où le salaire moyen est loin de suffire pour entretenir un cheval, mais avec l’introduction d’un semi-professionnalisme, les joueurs issus de milieux modestes parviennent à jouer aux côtés de « patrons ». Ils contribuent ainsi à renforcer les équipes et à améliorer la qualité du jeu.

Les chevaux, de lignées anglo-arabes, viennent pour la plupart du Soudan. Ils sont robustes, ont de bonnes aptitudes physiques, vitesse, endurance, et possèdent un bon système immunitaire. Beaucoup de chevaux sont également importés d'Argentine et d'Afrique du Sud. Ces derniers sont principalement utilisés dans les jeux de handicap supérieur par les joueurs expérimentés.
 


SAR l’émir de Katsina au 2009 Emir of Katsina Charity Shield

Le polo a été introduit au Nigeria au début du siècle dernier par des officiers britanniques, il faisait alors partie intégrante de leur formation en équitation. Le premier club à voir le jour a été celui de Lagos en 1904. La même année fut créée une Coupe, laquelle est toujours en possession du Polo Club de Lagos. Elle serait le plus ancien trophée du continent.

Autre trophée qui a eu son heure de gloire : l’Indépendance Cup offert par le Kaiser Guillaume II en 1914 pour le tournoi qui opposa le Cameroun allemand au Nigeria. Ce match international fut remporté par une équipe de Lagos, avant que la Première Guerre mondiale ne mette un terme provisoire à la compétition.


 
En 1918, le jeu est introduit par l'armée britannique à Zaria, au nord du Nigeria. Deux ans plus tard, c’est la création de la Nigeria Polo Association (NPA), sous la direction de l'émir de Katsina, Muhammadu Dikko. Depuis, les familles successives de l'émir de Katsina ont joué un rôle déterminant dans le développement du polo au Nigeria.

La NPA a été rebaptisée Nigeria Polo Fédération en 2010 à la suite de la visite de l'ancien président de la FIP. Le nouveau président de la NPF, SAR l'Emir de Katsina a succédé à son père l'Emir Alhaji Kabir Usman.
 

Bello Buba 
   
Les vingt meilleurs joueurs nigérians : 1. Bello Buba : +5.2. Hamisu Buba : +5. 3. Sayyu Dantata : +4. 4. Bashir Musa : +4. 5. Jamilu Mohammed : +4. 6. Adamu Yaro : +4. 7. Ibrahim Mohammed : +4. 8.Mamuda Shehu : +4. 9. Dapo Ojora : +4.10. Baba Kyari : +3. 11. Ibrahim Abba : +3. 12. Ibrahim Abangida : +3. 13. Ali Hassan Hadeja : +3. 14. Bashir Dantata : +3. 15. Ahmadu Umar : +3. 16. Saidu Umar : +3. 17. Ado Madakawi : +3. 18. T.J. Hassan - +3.19. Ibrahim Audu : +3. 20. Bayo Amusan : +3. (NigerianPoloonline)

Aujourd'hui, le Nigeria peut se vanter de compter 8 ou 9 clubs actifs à travers le pays, de Lagos à Maiduguri et de Port Harcourt à Sokoto. Pourtant, tandis que le polo au Nigeria continue de s’étendre à travers le pays, sa position dans les annales du jeu international a marqué le pas depuis une quinzaine d’années en raison, dit-on, d’une approche divisée des questions de leadership et de développement du polo. Il a ainsi perdu la place qui était la sienne au sein de la Fédération Internationale de Polo (FIP) dont le Nigeria est un membre fondateur.

Le Nigeria compte en effet parmi les 11 pays qui se sont réunis à Buenos Aires en 1982 lors de la formation de la FIP. Cependant le pays entend retrouver aujourd’hui sa pleine adhésion à l'instance internationale du polo.



Dans ce même élan,
une initiative privée visant à repositionner le Nigeria sur la carte du polo mondial a été récemment lancée avec la création de l’African Masters Tournament au Fifth Chukker Polo Club à Kaduna. Cette compétition entend réunir des joueurs de haut niveau en provenance de pays africains tels que l'Afrique du Sud, l'Égypte, le Zimbabwe, la Zambie, le Ghana. Le succès de la première édition a été immédiat, succès qui ne demande à présent qu’à perdurer.

Le principal défi aujourd‘hui pour le polo nigérian est de rassembler toutes les parties prenantes, clubs et fédération, et de mettre en place des programmes d'échange afin de permettre aux joueurs nigérians, dont la capacité est évidente, de s’exporter et d’améliorer le jeu au niveau local en invitant les joueurs étrangers, comme les frères Pieres ou les frères Hipwood.
 
Avec beaucoup de jeunes joueurs au Nigeria, l'avenir reste prometteur.

 
Remerciements : Dapo Ojora
Eléments recueillis par : Axelle de Borger
Photos : FifthChukker Polo Club et NigerianPoloonline
 


Le polo revit en Ethiopie
    










A Addis Abeba,
sur un terrain de fortune, le polo éthiopien tente de recouvrer son lustre d'antan. Photo AFP


Bouclier accroché dans le dos, deux cavaliers sont lancés au triple galop, presque debout sur leur selle multicolore. L'un d'eux fait jaillir sa lance sacrée, mais manque sa cible.
 
Ce sport traditionnel éthiopien, appelé Guks, n'a qu'un lointain rapport avec le polo, mais se joue sur le même terrain, à Jal Meda au centre de la capitale éthiopienne Addis Abeba, où les passionnés du cheval se retrouvent chaque année le jour du Noël éthiopien.
 
« C'est la première fois que nous avons autant de monde et de participants pour le championnat de polo », souligne, satisfait, Million Duguma, homme d'affaires de 37 ans et président du polo club de Jal Meda.
 
« Nous avons cette année six équipes en compétition de quatre joueurs chacune. La police et l'armée éthiopienne ont aussi envoyé leur équipe, donc c'est un succès », ajoute-t-il pendant qu'un match se dispute sur le terrain bosselé à l'herbe jaunie.
 
L'Ethiopie possède depuis plusieurs siècles une grande tradition équestre, les tribus des hauts plateaux, comme les Oromo, puis les Amhara, se servant quotidiennement du cheval pour leur déplacement. Elles ont assuré, à la fin du XIXe siècle, leur suprématie militaire grâce à une cavalerie légère efficace.
 
La population équine en Ethiopie - la plus importante d'Afrique - devance celle du Maroc avec 2,8 millions de bêtes. Les chevaux éthiopiens, petits et robustes, possèdent le modèle idéal pour le polo. « C'est l'Empereur Hailé Sélassié, qui appréciait beaucoup les chevaux, qui a introduit et encouragé le polo dans les années 50 ».
 
Il a été introduit par les troupes britanniques qui ont aidé le pays à se libérer des troupes italiennes. Hailé Sélassié, mort en 1975, a soutenu une équipe nationale de polo. Mais cet élan a connu un coup d'arrêt avec le régime militaro-marxiste de Mengistu Hailé Mariam qui considérait le polo comme « petit-bourgeois », rappelle Million Duguma.
 
Ancien de l'équipe nationale, le sergent-major Bekele Merga, 58 ans, se souvient avec émotion de l'époque où « il y avait quatre clubs de polo à Addis Abeba. Les gardes de l'Empereur avaient une équipe aussi et l'Empereur nous soutenait. Nous avons joué au Kenya et à Dubaï ».
 
« Aujourd'hui je suis aveugle, je ne peux plus monter », dit avec nostalgie le vieil homme, qui se définit toujours comme « un cavalier ».
 
« J'ai encore quatre montures, avant j'en avais onze. Alors je vis sur mes souvenirs, mais ça me manque », confie-t-il, ajoutant fièrement que son fils aîné « est un bon joueur de polo ». Les membres du club de Jal Meda s'entraînent deux fois par semaine.
 
« Ce qui est bien c'est que c'est un sport où on se mélange, il y a des Ethiopiens, des étrangers, et on joue ensemble. Même si cela reste relativement élitiste », explique la seule femme du club, une jeune Britannique.
 
Si les joueurs de polo sont peu nombreux en Ethiopie, ils sont déterminés : « l'année dernière un club kényan est venu jouer ici, cette année ils nous ont invités et nous espérons y aller et gagner », lance Million Duguma, avant de monter en selle.
 
  Source AFP (janvier 2010)

 
 
 
 
 
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